Pour une Société Civile Debout et Engagée

Ce n’est pas un nouveau sauveur que nous attendons,

mais une société éveillée, organisée et solidaire.

 

La société civile est le cœur battant de toute démocratie vivante.

Elle incarne la voix du peuple. Elle est le lien vital entre citoyens et dirigeants. Lorsqu’elle est absente ou affaiblie, la démocratie devient un mot creux.  La souveraineté populaire est alors menacée. Le peuple devient vulnérable, exposé aux manipulations.  La voix citoyenne se perd dans le vacarme du pouvoir :  elle crie, mais on ne l’écoute plus…

Comment structurer une société civile haïtienne forte, capable de défendre les droits, les aspirations et la dignité du peuple ?

Trois piliers me semblent essentiels à cette structuration :

1. Une vision nationale partagée, articulée et intégrée

Aujourd’hui, les initiatives citoyennes jaillissent de partout. Mais malheureusement, ces initiatives sont ponctuelles, isolées, sans articulation entre elles.

Or, il ne suffit pas d’empiler des projets : il faut une vision ! Une vision nationale qui donne une direction claire. Un cadre stratégique suivant une approche intégrée qui relie les territoires, tisse des ponts entre les acteurs, et oriente les énergies vers un horizon commun.

Ce cadre partagé ne doit pas être imposé d’en haut, mais co-construit avec les acteurs de terrain, dans une logique de coopération et d’interdépendance.

C’est cette vision partagée qui donnera sens, force et continuité à l’engagement citoyen.

Elle permettra de sortir du chaos des actions isolées pour entrer dans l’intelligence d’un mouvement coordonné qui redressera la société civile.  

2. Une représentativité authentique, ancrée dans les réalités locales

Une société civile forte doit réellement représenter son peuple !

Elle ne peut se résumer à quelques ONG ou institutions bien connectées aux arènes internationales- alors que la voix des quartiers, des campagnes, des invisibles, reste ignorée. Car c’est là que bat le cœur de la nation.

Il est impératif de reconstruire le pont entre les voix silencieuses de la base et les lieux de décision. Permettre à chaque citoyen d’être entendu, reconnu, intégré dans le processus démocratique.

La société civile doit être un espace ouvert, décentralisé. Pas une entité verticale, ni une structure figée et réservée à quelques-uns.  

Elle est un tissu vivant, un espace en mouvement et en expansion continue, qui doit faire émerger une parole citoyenne ancrée dans l’expérience vécue

Sans cette représentativité réelle, la société civile perd sa légitimité — et avec elle, sa capacité à faire levier.

3. Une reconquête de nos valeurs fondatrices comme socle de cohésion sociale

Pour qu’une société civile tienne debout, elle doit s’appuyer sur des valeurs fondatrices : liberté, solidarité, responsabilité, dignité.

Mais en Haïti, ces valeurs ont été fragilisées, non seulement par manque de principes, mais aussi parce que le tissu social porte encore les blessures profondes de notre histoire.
La méfiance, la peur de l’autre, l’atomisation sociale ne sont pas nécessairement des traits culturels innés : ils sont aussi les symptômes de traumatismes collectifs non guéris, hérités de la période coloniale et transmis de génération en génération.

Lorsque ces blessures ne sont pas reconnues et pansées, elles altèrent notre capacité à faire confiance, à nous sentir responsables les uns des autres, à nous projeter dans un « nous » collectif. Elles entravent notre aptitude à bâtir ensemble.

Il est temps de réconcilier notre mémoire avec notre avenir.
De panser les blessures, pour reconstruire la confiance.
De réaffirmer notre droit à exister ensemble, dans la dignité et la solidarité.

Le civisme, compris comme culture du bien commun et engagement conscient envers la communauté, constitue un socle fondamental de cette reconstruction collective.

Haïti, terre de liberté !

En 1804, Haïti portait haut le flambeau de la liberté. Nous avons conquis notre indépendance les armes à la main.

Aujourd’hui, le combat n’est plus militaire : il est moral, citoyen et collectif. C’est le combat de la conscience éveillée, de l’unité, et de la responsabilité partagée.

Haïti ne renaîtra ni par miracle, ni par incantation. Elle renaîtra par la force d’une vision claire, par l’audace d’un peuple debout, et par l’engagement d’une société civile organisée et solidaire, capable de parler d’une seule voix.

Oui, il est temps de nous relever — dans la confiance d’un avenir que nous aurons imaginé, bâti, et porté ensemble !

Ayiti Leve Pye’w !

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À Propos de Moi

Je m’appelle

Pascale Oriol,

Je suis ingénieure civile de formation, mais au fond, c’est le service de l’humain et de la communauté qui donne un sens profond à ma vie.

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